TAKING A CHANCE

Art en vue

Tolla Inbar

Cette sculpture de bronze de 110 x 110 x 470 cm a été créée par l’artiste israélienne Tolla Inbar en 2002.

Elle était exposée à Paris dans la galerie Got quand la mairie de Massy a décidé son acquisition en 2007. Le Centre Omnisports venait d’être rénové et la Ville souhaitait agrémenter le parvis nouvellement aménagé. Elle est alors installée devant le COS auprès d’une petite fontaine. Dégradée, elle est envoyée en réparation puis réinstallée, en septembre 2021, devant la nouvelle halle des Graviers où elle se trouve mieux mise en valeur.

Cette sculpture, impressionnante par sa hauteur et ses formes élancées, pourrait à elle seule résumer la conception de l’art de la sculptrice et son inspiration philosophique. Le mouvement est suggéré entre tension et équilibre. Ses sculptures, au sens propre et figuré, semblent suspendues dans une sorte de réalité aérienne. Pour cela, elle utilise souvent la métaphore de l’ascension à partir de divers accessoires, grâce auxquels ses personnages, comme ceux de Massy avec une corde, réalisent leurs aspirations. D’autres fois, ils gravissent des escaliers ou des échelles. Selon l’artiste qui pose les questions universelles concernant les raisons de vivre et la complexité de l’univers, nous avons tous un chemin individuel que nous devons parcourir pour atteindre notre objectif spirituel. 

Tolla Inbar, née en 1958 en Allemagne, fréquente l’école de Merz Stuttgart aux méthodes d’enseignement originales. Sa famille émigre en Israël en 1971. Entre 1977 et 1984, elle étudie au Bustan Institute et à l’Institut des Arts Avni ; elle y travaille la pierre et le bois avec des sculpteurs russes connus. Elle obtient parallèlement à l’Université de Tel Aviv un Bachelor of Arts en psychologie et en sociologie, études qui auront une grande influence sur son expression créative. Elle s’intéresse ensuite à l’art moderne, de nouveau à l’Université de Tel Aviv.

Ses œuvres, sculptures en bronze fondu, ont évolué de formes réalistes et figuratives vers des formes plus expressives et semi-abstraites. Depuis 1995, la sculptrice s’oriente vers un style plus naturaliste, utilisant bois, métal, verre ou bronze, et crée ainsi des statuettes mais aussi des sculptures hautes et élancées comme celle de Massy.

Tolla Inbar a reçu de nombreux prix et récompenses. Ses œuvres sont exposées dans de prestigieux musées tel le National Museum of Liberty à Philadelphie, ou dans de nombreuses collections d’art privées comme celle de Leonard Wien ou encore celle du couple présidentiel Bill et Hillary Clinton.

LA REINE DES NEIGES

Art en vue

Jean Saro

Dans le Grand Ensemble, une fresque bleue apparaît sur le pignon du Centre des finances publiques au 8 avenue de France.

Elle représente, sur toute la hauteur du bâtiment de trois étages, un visage peint en bleu et un bois évoqué par un tronc et quelques petits sapins verts. Ce bois ne s’aperçoit que l’hiver, lorsque les arbres sont dépouillés de leurs feuilles. 

Cette peinture est l’œuvre d’un jeune canadien, Jean Saro, venu à la fin des années 1970 pour un stage de formation dans ce qui était alors la Bibliothèque publique de Massy, bibliothèque d’Etat qui était bibliothèque modèle et centre de formation. Jean Saro prit l’initiative de cette décoration avec l’accord de la directrice de l’époque de cette structure, Mme Gascuel. Il l’a réalisée avec l’aide de l’association Au plaisir de Lire. Marie-Renée Cazabon, ancienne bibliothécaire, raconte : « Je me souviens de l’inauguration de la fresque en grande pompe et de ma crainte de la voir recouverte par des tags. »
La fresque photographiée par Jean-Marie Jacquemin fut diffusée en carte postale dans les années 1980.

Selon les souvenirs collectés, le jeune artiste serait aussi l’auteur d’une peinture au Centre Paul Bailliart disparue lors de la rénovation du bâtiment ainsi que d’une autre fresque, La vallée du sphinx émergeant, dans l’entrée d’une résidence rue Gabriel Péri.

LE CHAMP DE LA VILLE

Art en vue

Monique Bourdeau-Gouzène

Sous le pont du TGV, rue d’Estienne d’Orves, l’un des deux murs bordant la route est tapissé d’une fresque de 225 m², constituée de sept tableaux qui sont des rectangles d’or, dont le rapport de la longueur à la largeur est le nombre d’or 1,618. Elle a en effet été réalisée selon la suite de Fibonacci, dans laquelle les deux premiers termes sont égaux à 1, et les termes suivants sont égaux à la somme des deux termes qui les précèdent (1, 1, 2, 3, 5, 8…). Les quotients de deux termes consécutifs de cette suite approchent le nombre d’or. « C’est cette suite qui instaure le rythme des éléments de la fresque par progression et régression dans les dimensions des sujets et dans les fréquences des couleurs. Le rythme est donné par le trait : montant-descendant-long-court-fort-faible et par la répétition. Chaque élément a les proportions du nombre d’or et comporte un rectangle d’or et deux carrés parfaits. »

Elle est l’œuvre de Monique Bourdeau-Gouzène, conceptrice et réalisatrice, dont le parti pris est d’ouvrir les espaces, manipuler la combinatoire des formes et des motifs pour approcher la virtuosité observée dans la nature. Elle a fait participer, pour son élaboration, des jeunes de 13 à 18 ans au cours d’ateliers qui se sont tenus en juillet 1993 à l’école Camus, avenue de la République. Cette murale leur a apporté des notions sur une réalisation à partir de la pensée créative. La fresque a été inaugurée le 16 juin 1995. Cet ouvrage d’art a reçu le label 1 000 défis pour ma planète du ministère de l’environnement.

L’artiste explique pourquoi elle a choisi de réaliser cette fresque sous le pont du TGV : « De tous les temps, les grottes ont été des lieux de prédilection pour exprimer des Paraboles. La caverne, archétype de la matrice maternelle, figure dans les mythes d’origine, de renaissance, d’initiation. C’est un gigantesque réceptacle d’énergie (…) Elle abrite des trésors cachés. »

Cette œuvre évoque une partie de l’histoire de Massy avec ses habitants, ses champs de blé, ses moutons, ses vignes, ses grappes de raisin, son eau vive, la Bièvre. C’est dans le livre de Paul Bailliart, Histoire de Massy, que l’artiste a découvert Le Champ de la ville et s’en est inspirée : « À l’époque mérovingienne, écrit-il, la ville de Matius était sise sur un point élevé. Au-delà de son enceinte, il y avait ¨Le Champ de la Ville¨. Il s’étendait sur la plaine, aujourd’hui couverte de bâtiments, un peu au-delà de la route de Chartres, en venant de Paris sur la gauche. »

Encore quelques mots de l’artiste : « C’est l’aspect humain qui intéresse : contact, relation, environnement […] Le passé est régénéré. L’humain réfléchit sur le sens de la vie […] J’ai fait vivre deux environnements : celui de la culture, celui de la nature. L’Histoire de l’humain fait partie de la terre. Enfin cette peinture pourra apporter du rêve qui fécondera la réalité. »

Le premier tableau représente l’espace qui accueillait les fêtes des massicois et met en scène une troupe de danseurs farandolant la main dans la main comme autrefois. Ils traversent, en biais, le champ, d’une façon dynamique. Ce mouvement donne vie aux personnages. Juste derrière se trouvent deux lignes de fuite qui évoquent une voie de chemin de fer, comme celle du TGV située juste au-dessus.

Le deuxième tableau représente la vigne, qui tient une place importante dans la culture depuis l’antiquité. Les plants de vigne sont dessinés avec leurs racines afin de rappeler la recherche par les hommes de leurs racines et de leurs valeurs. Les plantations régulières de pieds de vigne sont évoquées par une succession de dessins, tous identiques en tenant compte de la perspective. Les fraises sont représentées en parallèle au-dessus des vignes. Les couleurs et leurs combinaisons s’enchaînent pour accrocher le regard.

Au deuxième plan du troisième tableau, ce sont les semailles qui sont suggérées. Massy est un village agricole jusqu’au début du XXe siècle ; les habitants y vivaient selon les traditions paysannes ; ils produisaient en particulier du blé.

Dans le quatrième tableau, avec les silhouettes d’enfants, les formes humaines sont épurées. Les lignes privilégient les courbes et les contre-courbes. Pour le spectateur, la simplicité des figures fait parfois oublier la conduite intellectuelle sous-jacente.

Le cinquième tableau évoque la Bièvre d’antan alors qu’elle est déjà totalement souterraine à l’époque du dessin.

Une abondance d’espaces jardinés ou cultivés raconte dans le sixième tableau le paysage de banlieue avant le développement de la ville. Une fois les parcelles dessinées, l’artiste a fait entrer la lumière avec les couleurs.

Enfin dans le septième tableau, le soleil prend toute sa place mais ne semble pas statique : représenté de taille décroissante en trois endroits, il semble en mouvement.

STATUE DE TOUSSAINT LOUVERTURE

Art en vue

Alex Garcia

La statue de 2,63 m de haut, autre œuvre d’Alex Garcia, dévoilée le 10 septembre 1989 lors de l’inauguration de la place Schœlcher, est la première statue en pied érigée dans l’hexagone en l’honneur d’un homme noir.

La mairie de Massy souhaitait fêter le bicentenaire de la Révolution et donner un nom à cette nouvelle place. Un groupe de réflexion autour du maire, Claude Germon, et de José Pentoscrope, président du CIFORDOM (Centre d’Information, Formation, Recherche et Développement pour les Originaires d’Outre-Mer), proposa le nom de Victor Schœlcher et la pose d’une statue de Toussaint Louverture. Ce choix symbolique fit l’unanimité. Alex Garcia, déjà connu de la Ville, fut contacté.

Toussaint Louverture est représenté en chef d’État avec une tenue militaire d’apparat – redingote portant épaulettes et quatre galons de général, énorme sabre, haut-de-forme décoré d’un rameau – et au bras gauche, un manuscrit, sans doute la Constitution de Saint-Domingue de 1801.

Au pied de la statue, une citation de Victor Schœlcher : « Mon cœur sera toujours avec vous pour soutenir la cause noire qui a produit le grand Toussaint Louverture. »

Dominique Toussaint de Bréda, dit Louverture, est né en 1743 à Saint Domingue, ancien nom d’Haïti, alors la plus riche des colonies françaises, d’une famille d’esclaves originaire d’Afrique. Affranchi à 33 ans, il devient lui aussi propriétaire, mais rallie en 1791 le mouvement insurrectionnel des esclaves. 

La Convention ayant décidé d’abolir l’esclavage, il choisit le camp de la France contre l’Angleterre et l’Espagne. Il sera promu général en chef des armées françaises. Il promulgue en 1801 une constitution qui proclame l’égalité des droits des noirs et l’autonomie du territoire, mais se nomme aussi gouverneur à vie. En 1802, contrarié dans son projet concernant les Caraïbes, et décidant de rétablir l’esclavage, Bonaparte envoie 17 000 soldats, conduits par le général Leclerc. Contesté sur place, Toussaint Louverture est vaincu. Arrêté, conduit à Brest, puis emprisonné au fort de Joux dans le Jura, il y meurt le 7 avril 1803. L’indépendance de l’île sera pourtant proclamée le 1er janvier 1804 : Haïti est né, première colonie devenue état indépendant.

 

Victor Schœlcher, né à Paris le 22 juillet 1804, autodidacte, journaliste et musicologue, a passé l’essentiel de sa vie à lutter contre l’esclavage. Député sous la Seconde République, il est l’initiateur du décret du 27 avril 1848 qui l’abolit en France et dans ses colonies. Fervent républicain, il a milité pour le suffrage universel, l’abolition de la peine de mort, les droits des femmes et des enfants. Décédé le 25 décembre 1893 à Chelles, il entre au Panthéon en 1949. Il publie en 1889 son dernier ouvrage Vie de Toussaint Louverture, livre qui sera distribué par la municipalité dans des boîtes aux lettres des Massicois du centre ville.

En 2008, le square attenant fut baptisé Aimé Césaire en l’honneur de l’écrivain et homme politique martiniquais chantre de la « négritude ».

TOUR D’ACIER

Art en vue

Cette tour de tuyaux est de la même inspiration que les deux structures dressées par Albert Féraud et Michel Guino : même taille, mêmes matériaux. Elle est sans doute plus ancienne puisque les cartes postales la montrent en signal à l’entrée du Hameau de Villaine après la construction des tours livrées en 1967-68. 

À ce jour, nous n’avons pas trouvé son auteur.

Depuis, la tour a été déplacée et réinstallée discrètement dans le parc derrière les installations sportives de la Poterne, à la limite de la caserne de la CRS 5.

STÈLE DE LA LIBÉRATION

Art en vue

Jean-Pierre Gautier

À l’angle de la rue de Longjumeau et de l’avenue de l’Europe, est érigée une stèle de 3 m de long, 1,60 m de large et d’une hauteur d’1,65 m. Elle est constituée de deux parties : un socle en pierre peint en blanc, de forme pyramidale, sur lequel est clouée une plaque en métal de 40 cm de longueur sur 10 cm de large, où est écrit : 

« 24 août 1944 Libération de Massy par la 2e DB » et un bloc de granit rose, fixé sur le socle, où l’on peut lire : « Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté » , signé Robert Desnos. À côté, sur la partie gauche, une sculpture en métal noir représente un char et deux soldats debout et un assis.

Elle est l’œuvre de l’architecte massicois Jean-Pierre Gautier qui l’a réalisée à la demande de son grand-père, Eugène Gautier, et du maître artisan Jean Maugeais. Cette stèle a été érigée afin de commémorer la bataille de la libération de Massy, livrée le 24 août 1944 par la 2e Division Blindée dirigée par le général Leclerc.

Eugène Gautier, lors de ses cent ans en 1998, a consigné, avec sa belle-fille et son fils, les principaux événements dont ils furent les témoins. Il raconte : « Quand tout à coup, vers 17h, l’intensité des bombardements augmenta, et mêlé à ce bruit de feu, un grondement métallique, un bruit de chenilles, comme un bruit de chars… Et oui, c’étaient bien eux, les chars de la 2e DB […] En même temps que les chars pénétraient dans Massy, un groupe de jeunes résistants aidé de sapeurs-pompiers, avait fait prisonniers les allemands qui tenaient la Kommandantur, qu’abritait le château de Vilmorin, aujourd’hui démoli. »

L’inauguration a eu lieu le 9 juin 1974, lors du 30e anniversaire de l’événement. Une fois par an, le 24 août, a lieu une cérémonie autour du mémorial à laquelle participent le Maire, des anciens combattants et des massicois. 

En face, depuis quelques années, se trouve une des bornes qui jalonnent la Voie de la 2e DB suivie par l’armée libératrice du général Leclerc.

STÈLE À ROBERT DESNOS

Art en vue

Mechthild Kalisky

À l’origine, située à l’angle de la rue de l’Épine Montain et de l’avenue Raymond Aron, sur une petite parcelle de terrain gazonné, cette stèle est dorénavant installée près de la nouvelle Halle des Graviers, rue Jean Jaurès. Elle rend hommage à Robert Desnos, poète et résistant, mort du typhus en déportation, épuisé par les mauvais traitements et les marches forcées, au camp de Terezin en Tchécoslovaquie, le 8 juin 1945.

Longue d’environ 1,50 m et haute de près d’1 m, elle est composée de cinq feuilles de granit bleuté et comporte, gravé en bleu, un des poèmes les plus connus du poète : La Fourmi, appartenant au recueil Chantefables et Chantefleurs.

Ce monument a été réalisé en 1990 par la sculptrice allemande Mechthild Kalisky, qui vit et travaille à Paris, à la demande de Julia Tardy-Marcus, habitante de la résidence de l’Épine Montain depuis sa création en 1958, et amie du poète. 

Artiste allemande engagée, la jeune Julia Marcus entre en 1927, à 22 ans, au Städtische Oper de Berlin et y monte un spectacle intitulé Danses grotesques, où elle parodie Hitler. D’origine juive, membre du parti communiste et opposée au régime nazi, elle est renvoyée de l’Opéra de Berlin en 1933 et condamnée à l’exil. Réfugiée à Paris, elle devient l’amie de nombreux artistes et intellectuels et, en particulier, de Robert Desnos et de sa femme Youki. 

Quand Robert est arrêté par les nazis, elle est l’interprète de Youki dans ses démarches administratives. C’est ainsi que se sont enracinés son attachement personnel au poète Robert Desnos et son souhait de lui rendre hommage.

Pour que ce projet de stèle soit mené à bien, il a fallu une importante rentrée d’argent. Or, il se trouve que, dans les années 1980, le gouvernement allemand a décidé d’attribuer une indemnisation pour les préjudices causés par le régime nazi dont a pu bénéficier Julia, qui à l’époque était retraitée, veuve et sans famille à charge.

Cette stèle a été inaugurée le 10 juin 1990 en présence de Claude Germon, maire de Massy, et de membres de l’Association des Amis de Robert Desnos. Julia a légué la stèle à la commune de Massy qui en est donc devenue propriétaire en 2004.

Quant à la « fourmi de dix-huit mètres », à un interlocuteur, étonné par une fourmi d’une telle envergure, Robert Desnos répondit un jour : « Mais mon p’tit gars, faut pas tout prendre au premier degré, c’est peut-être une locomotive ! » Comme celles qui partaient vers la Pologne ? s’interrogent certains « Eh ! Pourquoi pas ? » D’ailleurs, en 1943, au moment où il écrivait les Chantefables et Chantefleurs, ne donnait-il pas une clé de lecture pour ses poèmes dans cette note : « Théorie du double sens indispensable à la poésie. »

STÈLE À CHARLES DE GAULLE

Art en vue

Jean-Pierre Gautier

Une autre œuvre de Jean-Pierre Gautier se trouve devant la mairie, avenue du Général de Gaulle. Elle a été déplacée depuis peu d’une centaine de mètres pour cause de travaux liés à la réalisation de la future ligne 18 du Grand Paris Express. Il a conçu les plans de cette stèle de 3 m de long sur 1,50 m de hauteur. Le maître-artisan d’Antony, Jean Maugeais, en assura l’édification, avec l’accord du maire, Vincent Delahaye.

Elle est faite d’une dalle de pierre dressée et de deux plaques d’acier de couleurs distinctes : marron pour le fond et gris foncé pour le visage du général. Il est inscrit cette citation : « Il n’y a qu’un combat qui vaille c’est celui de l’homme. »

Sur proposition du bureau du Comité du souvenir du général de Gaulle de Massy, dont le président à l’époque était Bernard Petit, il fut convenu de lancer une souscription dans les années 1998-1999 afin d’élever une stèle près de la mairie ; les souscripteurs furent nombreux.

La stèle fut inaugurée en grande pompe le 17 juin 2000, en présence, comme l’écrit Jacques Drennes, actuel président du Comité du souvenir du général de Gaulle : « d’écharpes tricolores, des présidents et membres de toutes les associations patriotiques, de notre harmonie-fanfare, des policiers et pompiers de la ville, de nombreux enfants des écoles, sous les plis de plus de trente drapeaux, et un soleil de feu… Massy entrait de plain-pied dans l’Histoire ! » et d’ajouter « La cérémonie, très émouvante, se termina par un vin d’honneur en l’Espace-Liberté, tandis que les eaux du lac éclaboussaient le paysage ! »

Une gerbe de fleurs en forme de croix de Lorraine y est déposée tous les ans le 18 juin et le 11 novembre. 

Depuis son déplacement, elle bénéficie, la nuit, d’un éclairage bleu-blanc-rouge.

STÈLE À SALVADOR ALLENDE

Art en vue

Camilo Henriquez Van-Den-Borght

Le 11 septembre 1973, au Chili, un coup d’état renverse le gouvernement de Salvador Allende. Pour fuir la répression sauvage, de nombreux chiliens fuient leur pays. La France en accueille 15 000, souvent par l’intermédiaire d’associations caritatives, dont la Cimade. Ainsi, Massy voit passer de nombreux réfugiés venus du Chili.

Dès mars 1974, Claude Germon, maire de Massy, baptise une rue et un rond-point Salvador Allende. 

Les années suivantes, des manifestations se déroulent en soutien au peuple chilien sous l’impulsion d’une association aujourd’hui disparue, France-Amérique latine. En 1984, près du rond-point, est érigée une stèle rendant hommage au président Allende.

Il s’agit d’un rectangle de briques rouges de 3 m de large sur 1,75 m de hauteur qui supporte un portrait en relief et une plaque gravée d’une citation du président. Le monument a été offert à la ville de Massy par le Comité des réfugiés politiques chiliens. 

Sa réalisation a été confiée à Camilo Henriquez Van-den-Borght.

Camilo Henriquez est né en 1935 à Santiago-du-Chili. Artiste militant, il se réfugie en France après le coup d’Etat de Pinochet. Il est sculpteur, poète et surtout peintre de portraits et de peintures murales. Notamment, en 1976, il a réalisé à Malakoff un gigantesque trompe-l’œil intitulé Peuple résistant, sur le pignon du gymnase Jacques Duclos. Dans cette œuvre politique, il traduit à la fois la profonde blessure que vit le Chili et l’espoir du rétablissement de la démocratie dans son pays. 

L’année suivante, Camilo Henriquez est en résidence à Massy pour l’Association des Foyers Internationaux. Dans le cadre de l’Année Internationale de la Jeunesse, il peint la fresque du gymnase Mogador dans le Grand Ensemble. Il est décédé à Suresnes en 2005. 

ROADSWORTH

Art en vue

En 2018, plusieurs artistes venus du monde entier mettent de la couleur dans le quartier Atlantis en pleine construction. C’est d’abord l’artiste québécois Roadsworth, sollicité via Quai 36 par le Groupe Colas et Parisudam, qui peint une longue fresque au sol rue Bougainville, à deux pas de l’école Rosa Parks qui allait ouvrir peu après. Cette peinture qui associe des formes en couleurs primaires attire toujours l’attention bien qu’elle soit un peu délavée. 

Roadsworth est le nom d’artiste de Peter Gibson. Il fut d’abord graffitiste puis s’est lancé dans la peinture au sol – d’où son pseudonyme – dans les rues de Montréal en 2001. Il est motivé par un désir de remise en question de la « culture de l’automobile » : il crée lui-même des pistes cyclables à l’aide de vélos peints au pochoir sur l’asphalte. Depuis, il a acquis une notoriété internationale. Il produit toujours des fresques au sol, mais aussi des murales et des installations. Son art doit « créer un élément de surprise dans l’espace public. » Il reste un activiste qui collabore avec des organisations telles que Greenpeace et Amnesty International.

Sa peinture massicoise utilise la technique avec grands pochoirs et canettes de peinture renversées, avec une conception très élaborée du dessin, et témoigne de l’aspect ludique et engagé de son inspiration : « L’œuvre que j’ai réalisée à Massy est constituée de lettres et de chiffres superposés les uns sur les autres, et dont les proportions font qu’on ne perçoit pas nécessairement ce qu’ils représentent. L’œuvre reste abstraite. L’idée, c’est que les élèves et les habitants découvrent le sens de l’œuvre au fur et à mesure de leurs passages… C’est un ensemble de lettres et de chiffres disparates, c’est donc au passant d’interpréter le sens qu’il ou elle voit. »