FRESQUE ART’LANTIS

Fresque

À Massy Atlantis, Paris Sud Aménagement a misé sur l’art urbain, démarche initiée il y a plusieurs années aux côtés de la ville. Avec les palissades de chantier métamorphosées en fresques colorées, il s’agit de montrer autrement la ville en mutation, d’interpeller le passant, de faciliter peut-être l’acceptation des modifications urbaines du quartier. « Nous ne sommes pas seulement là, nous autres artistes de rue, pour désigner ce qui ne va pas, déclare le graffeur GoddoG. Nous devons aussi amener le rêve, une vision du beau, de la lumière. Poser de la lumière dans un monde un peu gris, c’est une revendication. » Ces réalisations ne durent que la vie du chantier. Les plus anciennes ne sont donc plus qu’un souvenir, à quelques exceptions près.

Rue Léonard de Vinci, en partenariat entre Paris Sud Aménagement et Massyred, propriétaire du terrain, deux cents mètres de palissades ont été peintes en 2015 par trois artistes : Hache Cientouno dit H 101, artiste barcelonais dont l’œuvre représente ici des villes utopiques, des cités modèles où les habitants vivent en harmonie ; El Kenor, Kenor Martinez Vanbergen, street-artist résidant à Barcelone, aujourd’hui l’un des plus reconnus, dont le style joue avec la géométrie, le psychédélisme, la lumière et l’abstraction et Jordane Saget, alias J3, dont la fresque repose sur trois lignes pour trois dimensions, un enchevêtrement de courbes exprimant l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’organique et le métaphysique. Une bonne partie de l’œuvre de H101 était encore visible sur les palissades du chantier en 2022 ; la fresque d’El Kenor a disparu ; quant à la peinture de J3, un échantillon très dégradé dans le prolongement de la rue Yves-Joseph de Kerguelen a subsisté jusqu’en 2023.

L’année suivante, un projet initié par la ville de Massy et Paris Sud Aménagement concerne la rue Vasco de Gama. Il est mis en œuvre par les équipes pédagogiques des centres de loisirs de l’école Atlantis et l’association Animakt. De février à avril, tous les vendredis après-midi, les enfants de ces centres ont peint sur une palissade du chantier de la Place du Grand Ouest, accompagnés par deux artistes, Willy Fruchart, qui pratique une peinture narrative, brute et colorée, et Laura Carpentier, formatrice dans un centre de formation professionnelle des métiers d’arts.  

Encore en 2016, sur le mail Commandant Cousteau, la réalisation d’une fresque de 90 m sur la palissade de chantier du promoteur Emerige a été confiée à Quai 36, collectif producteur d’art urbain. Elle est réalisée par le duo belge Arnaud Kool, illustrateur et peintre bruxellois, et Djamel Oulkadi : les arabesques du second, inspirées par la calligraphie arabe, se mêlent harmonieusement aux dessins figuratifs du premier. 

En octobre 2017, pour l’inauguration de la Place du Grand Ouest, le street artist Damien Mauro, qui signe GoddoG, a peint une fresque de près de 300 m² sur les palissades d’un bâtiment destiné à la démolition. GoddoG est un artiste réputé dont les œuvres se composent de formes simples, de lignes, de courbes, de méandres de couleurs parmi lesquelles le regard se perd ; elles reflètent un paysage imaginaire unique en son genre. Nexity et Keyden, constructeurs d’une résidence pour étudiants, sont à l’origine de cette opération organisée par Quai 36. Après le retrait des palissades, la fresque a été installée dans les parties communes de la résidence.

Deux fresques peintes en décembre 2018 ont aujourd’hui disparu. Alexandra Arango, artiste plasticienne originaire de Colombie, avait peint pour le projet immobilier Opale sur une large palissade en bois de la rue Bougainville. Sur des aplats de couleurs, elle avait dessiné des silhouettes de visages, des éléments végétaux et des oiseaux. Non loin de là, l’artiste serbe Artez agrémentait une autre palissade de chantier de plusieurs dizaines de mètres rue Amerigo Vespucci. Cette œuvre pour le projet immobilier Réflexions représentait une jungle de grands éléments végétaux colorés ; dans cette jungle, un personnage avec un miroir semblait interpeller les passants.

Graffs sur rideaux

Fresque

Anis

Deux fresques sur rideaux métalliques ont été réalisées allée Albert Thomas, au Nouveau Villaine. On les doit à Hadrien Bernard, nom d’artiste Anis, peintre, graffeur, organisateur d’événements artistiques, qui accompagne aussi des jeunes dans la réalisation de fresques.

La première a été conçue par lui et réalisée durant l’été 2022, par des jeunes du quartier sur les rideaux de fer, côté boulevard de la Paix, du local traversant du Centre Social APMV (Association Populaire de Massy Villaine) du 22 Allée Albert Thomas. 

Cette réalisation participative s’inscrivait dans le cadre du projet social (2022-2025) d’animation du quartier, dont un des axes était « Bien vivre ensemble à Villaine », dans le respect de l’environnement.

La fresque du rideau de la porte côté boulevard représente un héron, oiseau familier de la Bièvre massicoise, celle de la devanture attenante est un entrelac de palmes dans lequel se fond le lettrage « Bien vivre à Villaine » qui occupe toute la surface. Elle s’inscrit dans l’univers artistique d’Anis qui s’enracine dans le végétal, le vivant.

Hadrien Bernard a également réalisé à l’automne 2022 au 2 allée Albert Thomas une autre fresque sur le rideau de l’Epicerie sociale. Elle représente, dans un mouvement diagonal ascendant de la gauche vers la droite, des épis de blé, des coquelicots et quelques herbes sur fond de ciel bleu avec en surimpression l’inscription « L’épi/épicerie/sociale » sur trois lignes en lettrage cursif. 

L’Épicerie Sociale (EPI), association loi 1901, se présente comme un commerce de proximité permettant aux personnes en difficultés de se procurer des produits de première nécessité en ne payant que 10% de la valeur de la marchandise tout en restant « consom’acteurs ».

 

Hadrien Bernard, né à Paris en 1983, explique l’origine de sa démarche : « J’ai passé mon enfance devant le hublot de la machine à laver à regarder les couleurs se mélanger, considérant la ville comme une grande essoreuse. J’ai commencé en 1998 à la couvrir de couleurs. » Son tag est reconnu et apparaît en 2009 sur la façade de la fondation Cartier pour l’exposition « Né dans la rue – Graffiti ». En parallèle il obtient son master de droit public en 2010. Mais « entre le code civil et les pinceaux, j’ai choisi les pinceaux au service de la civilité. Je crée des fresques, je fédère mes amis artistes pour des événements citoyens. Nous donnons des couleurs à la ville, ouvrons notre monde, soulignons l’importance du respect, mettons l’art à portée de tous tout en créant du lien social. »

En 2016, il crée l’événement « La réserve Malakoff » où il regroupe une cinquantaine d’artistes, qualifiée meilleure exposition de Street-art de l’année par l’ensemble de la presse. En 2019, avec son association Inzouk et la participation de 22 street-artists, il réalise une exposition géante et itinérante « La Forêt escargot » qui nous rappelle que la forêt est vivante et en danger.

Ouverture, respect, création de lien social, ses valeurs sont aussi celles de l’APMV et de l’Epi.

ATLANTIS & ÉGALITÉ

Fresque

2SHY

L’environnement du groupe scolaire Rosa Parks a attiré les fresques. Deux d’entre elles, le long du talus de la voie ferrée, sont aujourd’hui disparues avec leurs supports. Il en demeure deux sur les palissades entourant une friche industrielle. L’une, très longue – 140 m de long sur 2 m de hauteur – est peinte en 2018 côté rue Antoine de Bougainville. Son titre : Atlantis, signée 2SHY. Lui succède, face à l’école, une fresque de même hauteur mais de longueur plus modeste, intitulée Égalité fille/garçon réalisée par le même artiste en juin 2020. 

Olivier Sujkowski est né en 1976 ; il passe son adolescence à Meaux. Comme tous les graffeurs de sa génération, il commence à peindre très jeune, à 16 ans, et illégalement, sur les trains de banlieue. Au lycée, en section art, il baigne avec ses amis dans la culture hip hop et affine son goût pour le graffiti. Puis il déménage à Liège où il rencontre un crew (groupe) belge, les ERS, et découvre des horizons musicaux nouveaux et de nouvelles manières de peindre. Il signe ses œuvres 2SHY (trop timide en anglais). 

En 2002, il produit sa première exposition personnelle. Les pages qui lui sont consacrées sur Internet montrent que ses sources d’inspiration et ses médias se sont diversifiés au fil des ans et qu’il développe une iconographie puissante mêlée à un lettrage particulier au carrefour de la culture de son enfance, du graffiti et de la révolution 2.0. 

Aujourd’hui, il est installé à Paris. À travers diverses commandes, il crée des identités visuelles pour des créations de mode comme des pulls ou des leggings, des décors pour des événements d’entreprises comme le présentoir d’une collection de baskets New Balance. Il produit toujours des fresques murales monumentales ainsi que des œuvres personnelles exposées en galeries. Il est aussi coach artist et transmet son expérience par exemple dans des stages de cohésion d’équipe. 

Les deux œuvres massicoises de 2SHY illustrent cette diversité d’inspiration et de style. Mais les deux fresques présentent les mêmes aplats de couleurs vives et le même rendu gai et vivant. Pour Atlantis, l’artiste répond à une commande officielle classique ; la peinture est composée d’une succession de figures géométriques où lignes droites, angles droits et cercles dominent. La fresque Égalité est le produit d’une démarche participative initiée par Parisudam et la Ville. Des écoliers du groupe scolaire Rosa Parks de la maternelle à l’élémentaire ont participé à la création du story-board et du synopsis sous forme de crayonnés assortis de courtes réflexions. Quelques jeunes artistes ont ensuite assisté 2SHY dans la réalisation finale. 

En 2026, les deux fresques ont pâli et certains supports ont été remplacés. En revanche, depuis décembre 2025, une nouvelle fresque de 2SHY de la même inspiration qu’Atlantis égaie la palissade le long de la rue de Paris.

FRESQUE STATION ATLANTE

Fresque

Loïc Saulin

A la fin de l’été 2025 apparaît une peinture au sol sur le parvis de la Station Atlante rue Ampère. Elle mesure 5 m x 30 m. Elle se caractérise par la fluidité des formes et la gaieté des couleurs. Conçue par Loïc Saulin à la demande de Paris Sud Aménagement, propriétaire de la Station Atlante, elle est réalisée par Loïc et un ami. Ils utilisent de la peinture pour marquage au sol sur bitume, ce qui nécessite une grande dextérité pour obtenir la palette de couleurs voulue en utilisant les huit coloris offerts par l’industrie. 

Né en 1993, Loïc Saulin vit à Dijon ses vingt premières années. Il grandit entouré de bandes dessinées ésotériques comme l’Incal. Il étudie le dessin d’animation à LISAA, école d’arts appliqués et fréquente l’Ecole Arc-en-Ciel d’Antony pour pratiquer la BD. Il s’initie en parallèle au traitement d’images numériques. Il devient ainsi graphiste et bédéiste. Il participe à deux bandes dessinées en collectif et en publie deux : Le procès loufoque en 2005 et surtout en 2010, A bas les hommes-pigeon, une critique sociale humoristique et corrosive. 

En 2015, il séjourne à Berlin avec son épouse. Il abandonne la BD dont il est difficile de vivre et fournit des dessins à des revues franco-allemandes. Grâce aux loyers modérés, il peut louer un atelier et découvre les grands formats en peinture acrylique et bombe aérosol. Il commence à exposer à Berlin, Londres et Paris. Inspiré par l’exubérance et le foisonnement coloré de Kandinsky ou d’Albert Oehlen, il est à la croisée de courants comme l’abstraction lyrique, le futurisme ou plutôt sa version actualisée, le graffiturisme. 

Revenu en France, il habite Massy depuis 2018. En 2019, il expose à la médiathèque Hélène Oudoux son Excursion aux frontières de la Noösphère, c’est-à-dire de la couche pensante de la Terre. Depuis 2020, il pratique de plus en plus l’aquarelle. Il dispose d’un atelier d’abord au Carré d’Antony puis à la Fabrique culturelle à Palaiseau. Enfin, avec l’association Ô ville-âges, il s’installe dans des bâtiments d’entreprises inutilisés. Depuis novembre 2024, c’est la Station Atlante qui l’accueille.

En février 2025, Loïc Saulin expose Noösphère à l’Espace 181, à Palaiseau. Il y présente aussi le Noöspheroïd, une installation où il prend en photo les portraits des visiteurs avec une projection vidéo de couleurs sur leurs visages. En parallèle à ses activités de peinture et de vidéo, il anime des ateliers de BD sur temps périscolaire. 

La fresque au sol de Massy est la première qu’il réalise. Mais elle est caractéristique de son style, décrit ainsi par le site Rise Art : « On lit dans les peintures de Loïc Saulin ce qu’on y insuffle soi-même. La contemplation d’une de ses œuvres amène chacun à suivre un chemin, une histoire différente selon ce que les formes et les couleurs évoquent. Rien n’est figé, chaque forme peut changer d’apparence au gré du voyage et signifier successivement plusieurs idées où l’inconscient de chacun se révèle. »

GRAFF SUR RIDEAU CAMARA

Fresque

Pierre Marcuzzi

A notre connaissance, la première fresque sur rideaux métalliques de boutiques à Massy a été peinte en 2016 sur celui d’un magasin du Centre commercial de la Place de France consacré à la photo. 

Romain Provasi avait ouvert en 1964 Studio Images, l’un des 70 magasins du Super-Centre-Paris-Sud. En 1974, son fils Philippe, titulaire d’un CAP de photographie, diplômé de l’école de commerce de Colmar, le rejoint. En 1981, père et fils s’installent dans un magasin plus grand qui a traversé les mutations technologiques de la production d’images et résisté jusqu’en 2024, quand Philippe, dernier des premiers commerçants, a pris sa retraite.

Les conditions de sa réalisation ne sont pas banales. Philippe raconte qu’un lundi de mai 2016 – c’est jour de fermeture – son fils lui annonce par téléphone une surprise pour le mardi. Il lui téléphone le mardi matin dès l’ouverture. Philippe, qui arrive à la boutique par le garage au sous-sol, n’a encore rien vu et découvre la fresque sur le rideau de la façade du magasin : au centre, son portrait de face en plan américain, sur fond de matériel professionnel ; il présente un appareil photo ; à gauche, en gros caractères, en diagonale sur trois lignes : Le Temple / de la / Photo. Les deux rideaux des vitrines latérales seront peints plus tard : un portrait de Philippe et son vendeur Jean-Loup, du matériel photo. 

L’auteur en est Pierre Marcuzzi, alias Shadow, né en 1981, originaire de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Titulaire d’un BTS en communication et webdesign, il est aussi illustrateur et infographiste. On peut suivre les réalisations de cet artiste de renom sur internet à travers articles de presse régionale et sites de street art. Elles relèvent de l’art figuratif plus que du graff et du tag, qu’il a pratiqués au départ, et répondent à des commandes publiques ou privées.

« À un moment, explique-t-il en 2009 alors qu’il vient de créer la société Shadow Studio à Agde, j’ai dû choisir. Soit je restais un artiste de rue qui galère pour boucler ses fins de mois, soit je surfais sur le phénomène de mode et je me retrouvais à exposer dans des galeries, soit je vivais de mon art. […] Je préfère vivre de mon travail plutôt que d’être dans une galerie. »

Parmi ses œuvres, en 2009, une fresque de 1 000 m2 sur le bateau musée La Thalassa à Lorient avec pour mission de représenter la variété de la biodiversité marine. En 2014 sur la façade du, une fresque de 200 m2. En 2016, dans le cadre du 1er festival d’art urbain de la ville de Boulogne-sur-Mer une magnifique fresque sur pignon avec au premier plan une Boulonnaise en coiffe, au second plan un trois mats argentin venu à Boulogne, en arrière-plan le port de Boulogne-sur-Mer. En 2025, à Villeneuve-lès-Béziers, avec Mathieu Calmel, des fresques de la mémoire à l’occasion de la commémoration du 8 mai 1945 et, aux Clayes-sous-Bois, une Marianne au mur d’une nouvelle salle de Cap’ados réservée aux 14-17 ans.

AMIRAL DOUBITCHOU

Fresque

Alexandre Périgot

Depuis 2022, une fresque longue de 400 m et de 2,20 m de haut décore la palissade métallique qui borde le boulevard Eugénie Eboué-Tell, lequel fait depuis peu le lien avec Massy-Europe.  Elle protège le terrain de dépôts de terres d’Yprema, entreprise de recyclage et transformation de matériaux de déconstruction. En face se trouve le secteur commercial de Leroy-Merlin. La palissade est recouverte, en peinture aérosol, de grands aplats de couleurs d’une grande variété, dont une gamme de marrons qui répond à la butte de terre en arrière-plan. Dessus sont inscrits au pochoir des mots en grands caractères blancs, tous des mots du français courant d’origine étrangère.

Cette œuvre répond à une commande faite par Paris Sud Aménagement et la Ville de Massy à l’artiste Alexandre Périgot habitant de Palaiseau. Né en 1959, travaillant à Paris et en Corse, Alexandre Périgot est un artiste de réputation internationale. Sa biographie présente de nombreuses expositions collectives et personnelles partout en France, dans plusieurs pays d’Europe et au Japon. Citons La maison de Dalila au Centre Pompidou (2000), la participation aux biennales (2003 à 2013), Mon nom est personne au MUCEM (2020). Il produit aussi des vidéos. Il transmet son art et sa philosophie grâce à des ateliers et des conférences. Selon le site Tchikebe, « Périgot cherche à détourner le phénomène de starisation. Cette fascination pour la célébrité est scénarisée dans des performances et des installations qui mettent en exergue le paradoxe attirance / répulsion de cette popularité. Pour détourner les regards, il oriente les projecteurs sur les anonymes, et questionne les mécanismes qui provoquent cette occultation de l’identité, qu’elle soit volontaire ou non ».

A Massy, il reprend une idée initiée à Marseille en 2019 face au MUCEM : avec l’Amiral Doubitchou, des mots peints au pochoir sur des containers allaient voguer sur des cargos. Ici, avec l’aide d’une équipe de six personnes, il fait accoster l’Amiral Doubitchou dans un environnement en pleine transformation. De voyage, il n’est pas question dans ce quartier de bureaux et de petites entreprises, et pourtant, comme l’indique le panneau explicatif au début de la fresque, « chacun de ces mots nous transporte à la réflexion, au sens et à l’origine, pour que chacun puisse voir le territoire comme la convergence de toutes les cultures. C’est aussi la voie tracée par Eugénie Eboué-Tell », « figure de la culture noire et militante féministe ». « Chacun des mots comme anorak, label, cric, bricole, hamac, ski, divan, etc. est une invitation à penser la langue française et découvrir la part étrangère qui l’enrichit ; 30 % des mots que l’on emploie proviennent de l’étranger, ils sont d’origine italienne, anglaise, slave, persane, arabe, chinoise, espagnole, haïtienne, etc. Amiral Doubitchou touche à la question de l’identité liée à notre langue, non comme un repli mais comme la possibilité d’une rencontre… »

FRESQUE RUE DE TÉHÉRAN

Fresque

Sofiane Knox

Né en 1997, Sofiane Knox a toujours habité rue de Lisbonne à Massy. Son père, né au Maroc, est venu faire ses études à la faculté de pharmacie de Châtenay et a habité Verrières. Sa mère, originaire de Villetaneuse, travaille à la mairie de Massy. Au lycée Fustel de Coulanges, il choisit la section Histoire des arts. Il sort diplômé en design et graphisme de l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art et de la Fonderie de l’Image de Bagnolet.

Il commence sa carrière d’artiste auteur en free-lance en 2018. Enfant de Massy, il a travaillé à Paul B, est en relation avec Karine Pommelet, responsable des Arts visuels, et rejoint l’association Suprémassy.  Il expose à la médiathèque Hélène Oudoux, dans le local provisoire de Suprémassy et au Ferry à Palaiseau.

Son talent est vite repéré notamment par Rakuten Viber et Trente Trois Degrés. Ce qui lui vaut, en 2022, de participer à une exposition collective, The Big Dream, qui fait le tour du monde. Passionné de jazz encore plus que de rap, il participe en 2023 au festival de jazz de Craiova en Roumanie à nouveau dans le cadre d’une exposition collective. On le retrouve en 2024 à La Haye et à la Fabrique Culturelle de Palaiseau avec son exposition Etoile dansante.

Sofiane produit aussi des « dessins de personnages originaux et colorés qui portent un récit » et pour lesquels « il s’inspire beaucoup de la littérature, du rap et du cinéma ». On peut se procurer ses œuvres via sa boutique en ligne.

En 2025, il est chargé de peindre une fresque murale allée de Téhéran, près de son domicile. L’association de football du secteur, Football 59 Together, avait le projet d’un espace de proximité avec une fresque à l’entrée, ce que la mairie a accepté. Le dessin a été élaboré à partir des idées données par les jeunes (14-18 ans) de l’association : il fallait représenter le football, deux équipes, des filles et des garçons, et inclure la phrase suggérée par Hanna : « Ici poussent des rêves que personne n’arrachera ».

Sur cette base, Sofiane a élaboré trois croquis parmi lesquels la Ville a choisi. Un petit mur en béton de 4 m x 2 m a été construit à l’entrée du city stade pour recevoir cette œuvre. Pendant l’été, Sofiane a tracé les limites des zones. En deux semaines, sous sa conduite, une vingtaine d’enfants du quartier, de 3 à 12 ans, ont peint la fresque qui a été inaugurée le 19 septembre.

A la fin de l’été, c’est avec quatre jeunes qu’il peint une fresque sur le sol du patio de Paul B : sur un fond rouge, les jeunes ont dispersé des taches blanches que Sofiane a transformées en têtes ou en symboles des activités de Paul B. Les couleurs, dynamiques, ont été déterminées par les contraintes techniques.