Décorations d’écoles

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Les écoles offrent souvent à celles et ceux qui les fréquentent des décorations diverses. Deux écoles maternelles ont particulièrement retenu notre attention par l’originalité de leur décoration extérieure.

L’école maternelle René Descartes, allée de Camargue, présente à l’entrée une décoration très spéciale. Il s’agit ici d’une sorte de mosaïque qui a été faite à partir d’œuvres d’enfants pérennisées en céramique : empreintes de pieds et de mains, médaillons et petites sculptures d’inspirations très variées.

Au square de la Poterne, la cour de l’école maternelle des Bleuets est pourvue d’une clôture très originale. Les montants en béton du portail principal sont deux oiseaux hiératiques qui se font face et rappellent l’art égyptien. Aux angles, deux édicules carrés aux quatre façades presque carrées surmontées de frontons triangulaires imposent leurs formes géométriques soulignées par des frises de céramique de couleurs différentes ; leurs multiples ouvertures, harmonieusement réparties, sont également de formes géométriques, rectangulaires, carrées, circulaires et triangulaires. La ferronnerie des ouvertures qui en sont pourvues reprend la configuration de la barrière métallique qui repose sur le soubassement en béton de la clôture. Les autres montants, en béton, jouent sur une ligne courbe et une ouverture circulaire du type « œil de bœuf ». Cette clôture est postérieure à l’ouverture de l’école, mais nous n’avons pas pu identifier qui a pensé cet ensemble.

FRESQUE ART’LANTIS

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À Massy Atlantis, Paris Sud Aménagement a misé sur l’art urbain, démarche initiée il y a plusieurs années aux côtés de la ville. Avec les palissades de chantier métamorphosées en fresques colorées, il s’agit de montrer autrement la ville en mutation, d’interpeller le passant, de faciliter peut-être l’acceptation des modifications urbaines du quartier. « Nous ne sommes pas seulement là, nous autres artistes de rue, pour désigner ce qui ne va pas, déclare le graffeur GoddoG. Nous devons aussi amener le rêve, une vision du beau, de la lumière. Poser de la lumière dans un monde un peu gris, c’est une revendication. » Ces réalisations ne durent que la vie du chantier. Les plus anciennes ne sont donc plus qu’un souvenir, à quelques exceptions près.

Rue Léonard de Vinci, en partenariat entre Paris Sud Aménagement et Massyred, propriétaire du terrain, deux cents mètres de palissades ont été peintes en 2015 par trois artistes : Hache Cientouno dit H 101, artiste barcelonais dont l’œuvre représente ici des villes utopiques, des cités modèles où les habitants vivent en harmonie ; El Kenor, Kenor Martinez Vanbergen, street-artist résidant à Barcelone, aujourd’hui l’un des plus reconnus, dont le style joue avec la géométrie, le psychédélisme, la lumière et l’abstraction et Jordane Saget, alias J3, dont la fresque repose sur trois lignes pour trois dimensions, un enchevêtrement de courbes exprimant l’infiniment petit et l’infiniment grand, l’organique et le métaphysique. Une bonne partie de l’œuvre de H101 était encore visible sur les palissades du chantier en 2022 ; la fresque d’El Kenor a disparu ; quant à la peinture de J3, un échantillon très dégradé dans le prolongement de la rue Yves-Joseph de Kerguelen a subsisté jusqu’en 2023.

L’année suivante, un projet initié par la ville de Massy et Paris Sud Aménagement concerne la rue Vasco de Gama. Il est mis en œuvre par les équipes pédagogiques des centres de loisirs de l’école Atlantis et l’association Animakt. De février à avril, tous les vendredis après-midi, les enfants de ces centres ont peint sur une palissade du chantier de la Place du Grand Ouest, accompagnés par deux artistes, Willy Fruchart, qui pratique une peinture narrative, brute et colorée, et Laura Carpentier, formatrice dans un centre de formation professionnelle des métiers d’arts.  

Encore en 2016, sur le mail Commandant Cousteau, la réalisation d’une fresque de 90 m sur la palissade de chantier du promoteur Emerige a été confiée à Quai 36, collectif producteur d’art urbain. Elle est réalisée par le duo belge Arnaud Kool, illustrateur et peintre bruxellois, et Djamel Oulkadi : les arabesques du second, inspirées par la calligraphie arabe, se mêlent harmonieusement aux dessins figuratifs du premier. 

En octobre 2017, pour l’inauguration de la Place du Grand Ouest, le street artist Damien Mauro, qui signe GoddoG, a peint une fresque de près de 300 m² sur les palissades d’un bâtiment destiné à la démolition. GoddoG est un artiste réputé dont les œuvres se composent de formes simples, de lignes, de courbes, de méandres de couleurs parmi lesquelles le regard se perd ; elles reflètent un paysage imaginaire unique en son genre. Nexity et Keyden, constructeurs d’une résidence pour étudiants, sont à l’origine de cette opération organisée par Quai 36. Après le retrait des palissades, la fresque a été installée dans les parties communes de la résidence.

Deux fresques peintes en décembre 2018 ont aujourd’hui disparu. Alexandra Arango, artiste plasticienne originaire de Colombie, avait peint pour le projet immobilier Opale sur une large palissade en bois de la rue Bougainville. Sur des aplats de couleurs, elle avait dessiné des silhouettes de visages, des éléments végétaux et des oiseaux. Non loin de là, l’artiste serbe Artez agrémentait une autre palissade de chantier de plusieurs dizaines de mètres rue Amerigo Vespucci. Cette œuvre pour le projet immobilier Réflexions représentait une jungle de grands éléments végétaux colorés ; dans cette jungle, un personnage avec un miroir semblait interpeller les passants.

STATUE DE SAINT-FIACRE

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La statuette qui se trouve dans le jardin de l’église Saint-Fiacre est à la fois l’œuvre d’art la plus ancienne et l’une des plus récentes de Massy.

De 77 cm de hauteur, placée sur un socle de 82 cm, elle représente un homme en robe et tonsure de moine. Il tient de la main droite une bêche et de la main gauche un livre : attributs traditionnels de Saint-Fiacre, ermite, jardinier, thaumaturge, d’origine irlandaise. Elle est sculptée assez rudement dans un granit breton, autrefois peint (il ne subsiste que des traces de rouge) et date sans doute du 16e siècle.

Fiacre est le fondateur au 7e siècle d’un monastère proche de Meaux devenu centre d’un pèlerinage réputé. Vénéré depuis le haut Moyen-Âge, patron des jardiniers, mais aussi guérisseur, Fiacre fut un des saints les plus populaires. Ce personnage pieux et secourable, proche des fidèles et qui, dans sa représentation, allie les symboles du travail et de l’oraison, a peut-être été vénéré autrefois à Villaine comme dans de nombreux villages. 

Mais c’est seulement en 2019 que cette sculpture bretonne a été installée à Massy. Nous ne connaissons que la fin de son périple et c’est, naturellement, une histoire de jardiniers. Elle a été acquise en 1964 dans une vente aux enchères par M. Riglet, maraîcher à Mantes-la-Jolie. Son fils, ancien ingénieur de l’E.N.S. d’Horticulture de Versailles, a décidé de confier l’œuvre à une église. Or l’église Saint-Fiacre de Massy est, en France, la plus récente dédiée à ce saint. Une cérémonie de donation a eu lieu à l’occasion de la messe dominicale du 8 septembre 2019.

Pour comprendre la donation, il faut revenir à l’histoire de l’église. Au début du 19e siècle, le hameau de Villaine est peuplé principalement de maraîchers et de vignerons. Il est voisin de la ferme et des champs horticoles Vilmorin dont l’activité attire de nouveaux habitants à Villaine et aux Graviers. Les villageois construisent une petite chapelle appelée des Vergers sur un terrain offert par Jacques de Vilmorin. Après-guerre, avec l’accroissement de la population des Graviers, le bâtiment, bien qu’agrandi plusieurs fois, est beaucoup trop petit. Dès 1960, les paroissiens envisagent la construction d’une église. L’abbé Haag, pour faire plaisir aux horticulteurs et maraîchers du quartier, propose de la consacrer à Saint-Fiacre. Un habitant, M. Hartman, maître jardinier au jardin du Luxembourg, suggère la création d’un lieu de pèlerinage national à Saint Fiacre. Un plan est établi, des comités de soutien sont créés et des fonds recueillis. Mais le projet, trop coûteux alors que la déchristianisation s’amplifie, est finalement abandonné. Il en restera que la nouvelle église achevée en 1973 sera consacrée à Saint-Fiacre alors que la paroisse reste dédiée au Saint-Esprit.

Cette statue se trouve, logiquement, dans un jardin, hors de l’enceinte religieuse, dans un lieu utilisé par des fêtes diverses, dont les fêtes de quartier. Elle constitue pour tous un rappel de l’histoire du Vieux Villaine.

Si l’élément d’Alicia Moï était la pierre qu’elle travaillait en taille directe, à la massette ou au marteau-piqueur, elle a aussi créé du mobilier ou des pièces relevant des arts de la table aux formes très variées, et, à côté des sculptures monumentales, des bagues non montées entièrement en pierre.

En 2021, on a pu admirer quelques-unes de ses œuvres au musée Tinguely de Bâle dans le cadre d’une exposition consacrée à la cité d’artistes de l’impasse Ronsin.