STÈLE DE LA LIBÉRATION

Stèle

Jean-Pierre Gautier

À l’angle de la rue de Longjumeau et de l’avenue de l’Europe, est érigée une stèle de 3 m de long, 1,60 m de large et d’une hauteur d’1,65 m. Elle est constituée de deux parties : un socle en pierre peint en blanc, de forme pyramidale, sur lequel est clouée une plaque en métal de 40 cm de longueur sur 10 cm de large, où est écrit : 

« 24 août 1944 Libération de Massy par la 2e DB » et un bloc de granit rose, fixé sur le socle, où l’on peut lire : « Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté » , signé Robert Desnos. À côté, sur la partie gauche, une sculpture en métal noir représente un char et deux soldats debout et un assis.

Elle est l’œuvre de l’architecte massicois Jean-Pierre Gautier qui l’a réalisée à la demande de son grand-père, Eugène Gautier, et du maître artisan Jean Maugeais. Cette stèle a été érigée afin de commémorer la bataille de la libération de Massy, livrée le 24 août 1944 par la 2e Division Blindée dirigée par le général Leclerc.

Eugène Gautier, lors de ses cent ans en 1998, a consigné, avec sa belle-fille et son fils, les principaux événements dont ils furent les témoins. Il raconte : « Quand tout à coup, vers 17h, l’intensité des bombardements augmenta, et mêlé à ce bruit de feu, un grondement métallique, un bruit de chenilles, comme un bruit de chars… Et oui, c’étaient bien eux, les chars de la 2e DB […] En même temps que les chars pénétraient dans Massy, un groupe de jeunes résistants aidé de sapeurs-pompiers, avait fait prisonniers les allemands qui tenaient la Kommandantur, qu’abritait le château de Vilmorin, aujourd’hui démoli. »

L’inauguration a eu lieu le 9 juin 1974, lors du 30e anniversaire de l’événement. Une fois par an, le 24 août, a lieu une cérémonie autour du mémorial à laquelle participent le Maire, des anciens combattants et des massicois. 

En face, depuis quelques années, se trouve une des bornes qui jalonnent la Voie de la 2e DB suivie par l’armée libératrice du général Leclerc.

STÈLE À ROBERT DESNOS

Stèle

Mechthild Kalisky

À l’origine, située à l’angle de la rue de l’Épine Montain et de l’avenue Raymond Aron, sur une petite parcelle de terrain gazonné, cette stèle est dorénavant installée près de la nouvelle Halle des Graviers, rue Jean Jaurès. Elle rend hommage à Robert Desnos, poète et résistant, mort du typhus en déportation, épuisé par les mauvais traitements et les marches forcées, au camp de Terezin en Tchécoslovaquie, le 8 juin 1945.

Longue d’environ 1,50 m et haute de près d’1 m, elle est composée de cinq feuilles de granit bleuté et comporte, gravé en bleu, un des poèmes les plus connus du poète : La Fourmi, appartenant au recueil Chantefables et Chantefleurs.

Ce monument a été réalisé en 1990 par la sculptrice allemande Mechthild Kalisky, qui vit et travaille à Paris, à la demande de Julia Tardy-Marcus, habitante de la résidence de l’Épine Montain depuis sa création en 1958, et amie du poète. 

Artiste allemande engagée, la jeune Julia Marcus entre en 1927, à 22 ans, au Städtische Oper de Berlin et y monte un spectacle intitulé Danses grotesques, où elle parodie Hitler. D’origine juive, membre du parti communiste et opposée au régime nazi, elle est renvoyée de l’Opéra de Berlin en 1933 et condamnée à l’exil. Réfugiée à Paris, elle devient l’amie de nombreux artistes et intellectuels et, en particulier, de Robert Desnos et de sa femme Youki. 

Quand Robert est arrêté par les nazis, elle est l’interprète de Youki dans ses démarches administratives. C’est ainsi que se sont enracinés son attachement personnel au poète Robert Desnos et son souhait de lui rendre hommage.

Pour que ce projet de stèle soit mené à bien, il a fallu une importante rentrée d’argent. Or, il se trouve que, dans les années 1980, le gouvernement allemand a décidé d’attribuer une indemnisation pour les préjudices causés par le régime nazi dont a pu bénéficier Julia, qui à l’époque était retraitée, veuve et sans famille à charge.

Cette stèle a été inaugurée le 10 juin 1990 en présence de Claude Germon, maire de Massy, et de membres de l’Association des Amis de Robert Desnos. Julia a légué la stèle à la commune de Massy qui en est donc devenue propriétaire en 2004.

Quant à la « fourmi de dix-huit mètres », à un interlocuteur, étonné par une fourmi d’une telle envergure, Robert Desnos répondit un jour : « Mais mon p’tit gars, faut pas tout prendre au premier degré, c’est peut-être une locomotive ! » Comme celles qui partaient vers la Pologne ? s’interrogent certains « Eh ! Pourquoi pas ? » D’ailleurs, en 1943, au moment où il écrivait les Chantefables et Chantefleurs, ne donnait-il pas une clé de lecture pour ses poèmes dans cette note : « Théorie du double sens indispensable à la poésie. »

STÈLE À CHARLES DE GAULLE

Stèle

Jean-Pierre Gautier

Une autre œuvre de Jean-Pierre Gautier se trouve devant la mairie, avenue du Général de Gaulle. Elle a été déplacée depuis peu d’une centaine de mètres pour cause de travaux liés à la réalisation de la future ligne 18 du Grand Paris Express. Il a conçu les plans de cette stèle de 3 m de long sur 1,50 m de hauteur. Le maître-artisan d’Antony, Jean Maugeais, en assura l’édification, avec l’accord du maire, Vincent Delahaye.

Elle est faite d’une dalle de pierre dressée et de deux plaques d’acier de couleurs distinctes : marron pour le fond et gris foncé pour le visage du général. Il est inscrit cette citation : « Il n’y a qu’un combat qui vaille c’est celui de l’homme. »

Sur proposition du bureau du Comité du souvenir du général de Gaulle de Massy, dont le président à l’époque était Bernard Petit, il fut convenu de lancer une souscription dans les années 1998-1999 afin d’élever une stèle près de la mairie ; les souscripteurs furent nombreux.

La stèle fut inaugurée en grande pompe le 17 juin 2000, en présence, comme l’écrit Jacques Drennes, actuel président du Comité du souvenir du général de Gaulle : « d’écharpes tricolores, des présidents et membres de toutes les associations patriotiques, de notre harmonie-fanfare, des policiers et pompiers de la ville, de nombreux enfants des écoles, sous les plis de plus de trente drapeaux, et un soleil de feu… Massy entrait de plain-pied dans l’Histoire ! » et d’ajouter « La cérémonie, très émouvante, se termina par un vin d’honneur en l’Espace-Liberté, tandis que les eaux du lac éclaboussaient le paysage ! »

Une gerbe de fleurs en forme de croix de Lorraine y est déposée tous les ans le 18 juin et le 11 novembre. 

Depuis son déplacement, elle bénéficie, la nuit, d’un éclairage bleu-blanc-rouge.

STÈLE À SALVADOR ALLENDE

Stèle

Camilo Henriquez Van-Den-Borght

Le 11 septembre 1973, au Chili, un coup d’état renverse le gouvernement de Salvador Allende. Pour fuir la répression sauvage, de nombreux chiliens fuient leur pays. La France en accueille 15 000, souvent par l’intermédiaire d’associations caritatives, dont la Cimade. Ainsi, Massy voit passer de nombreux réfugiés venus du Chili.

Dès mars 1974, Claude Germon, maire de Massy, baptise une rue et un rond-point Salvador Allende. 

Les années suivantes, des manifestations se déroulent en soutien au peuple chilien sous l’impulsion d’une association aujourd’hui disparue, France-Amérique latine. En 1984, près du rond-point, est érigée une stèle rendant hommage au président Allende.

Il s’agit d’un rectangle de briques rouges de 3 m de large sur 1,75 m de hauteur qui supporte un portrait en relief et une plaque gravée d’une citation du président. Le monument a été offert à la ville de Massy par le Comité des réfugiés politiques chiliens. 

Sa réalisation a été confiée à Camilo Henriquez Van-den-Borght.

Camilo Henriquez est né en 1935 à Santiago-du-Chili. Artiste militant, il se réfugie en France après le coup d’Etat de Pinochet. Il est sculpteur, poète et surtout peintre de portraits et de peintures murales. Notamment, en 1976, il a réalisé à Malakoff un gigantesque trompe-l’œil intitulé Peuple résistant, sur le pignon du gymnase Jacques Duclos. Dans cette œuvre politique, il traduit à la fois la profonde blessure que vit le Chili et l’espoir du rétablissement de la démocratie dans son pays. 

L’année suivante, Camilo Henriquez est en résidence à Massy pour l’Association des Foyers Internationaux. Dans le cadre de l’Année Internationale de la Jeunesse, il peint la fresque du gymnase Mogador dans le Grand Ensemble. Il est décédé à Suresnes en 2005.