PALES EN DRAPEAU
Michel Guino
En 1970, Michel Guino, ami d’Albert Féraud, installe une sculpture monumentale de 6 mètres de haut rue Victor Hugo, au pied de tours du Nouveau Villaine. Celle-ci a un titre : Pales en drapeau.
Né à Paris en 1926, Michel Guino a découvert l‘art dans l’atelier de son père qui fut co-auteur de sculptures d’Auguste Renoir. Il a étudié les Beaux-Arts avec César, Hiquily et Féraud. En 1951, sous l’influence de Julio Gonzales, il découvre la voie du métal : laiton, plomb deviennent ses matériaux de prédilection : « Le métal nous permet un nouvel espace, une conception plus cosmique de la forme et de la lumière qui reste la véritable matière à manier. »
Dans les années 1960, il rejoint le courant des « récupérateurs ». Non seulement les objets récupérés en usine ou chez des ferrailleurs deviennent ses principaux matériaux, mais ils sont aussi une source d’inspiration. Il crée d’abord des personnages filiformes à morphologie humaine puis s’oriente vers des compositions plus abstraites. L’artiste laisse percer son goût pour les formes héritées de l’usine, alliance de rigueur et de vigueur. En particulier, il utilise, comme ici, des hélices et des ailettes de réacteurs fixées sur un mât composé de plusieurs tuyaux, mais on peut aussi y voir d’immenses pétales de fleurs. À partir de 1964, il réalise régulièrement des œuvres monumentales comme la grande fresque métallique pour la Faculté des Arts de Nice, avec son ami Féraud ou seul comme à Agadir, Rabat, Paris ou Massy.
Pales en drapeau est aussi représentative des réflexions artistiques de Michel Guino. En 1964, il s’interrogeait sur le nécessaire rapport entre sculpture et architecture et déclarait : « J’ai toujours eu envie de placer une sculpture dans un ensemble moderne non pas comme un simple objet d’ameublement mais comme un signe chargé près de l’homme. »
À partir de 1975, il se rapproche de la figuration, créant des sortes de robots, des sculptures-jeux, des tables, des bijoux. Il s’intéresse même aux circuits électroniques. Il est aussi dessinateur et graveur. Mais il reste avant tout un sculpteur : « allié de la lumière : je me mets devant des bouts de matière et de matériaux, je les questionne et les fais danser. »
Michel Guino a exposé dans de nombreux salons et biennales et obtenu des prix prestigieux : prix de la critique, prix André Susse, grand prix de la ville de Marseille. On trouve ses œuvres dans plusieurs musées français, mais aussi à Washington et en Israël.
La dernière exposition à laquelle il a participé a eu lieu à la propriété Caillebotte, à Yerres, en 2009.
Il est décédé en 2013 à Lancieux où il s’était installé.