Espace Lino Ventura
Bertrand Godard
Une grande fresque couvre toute la façade arrière du bâtiment de deux étages qui abrite l’Espace Lino Ventura, à la fois maison de quartier et centre social. Elle représente un paysage de montagnes boisées encadrant des cascades en série ; des ruines évoquent d’anciens temples ; la végétation et la faune exotiques font penser à l’Amérique latine. Elle a été peinte en 2009 par un jeune artiste, Bertrand Godard, qui la signe d’un énigmatique « XπJ ».
Cette fresque a été commandée par la Ville suite à une protestation des habitants du Square du Clos de Villaine. Pour comprendre, il faut revenir à quelques années plus tôt. En octobre 2002, un groupe de jeunes du Square agressent une militante associative du quartier. Ce qui révèle au grand jour les difficultés du Square, problèmes sociaux et trafics illicites. Une réflexion est engagée qui conduit au réaménagement du quartier. Les jeunes réclamant « une aire de jeu et une maison de quartier » , c’est le bâtiment qui sera le premier construit. Mais, conçu dans l’urgence alors que la Ville ne possède que peu de terrain sur place, la nouvelle structure se trouve trop proche du n°4 du Square du Clos de Villaine. Pour améliorer autant que possible la vue des voisins sur le mur aveugle qui bouche leur horizon, il est prévu un « paysage végétal et lumineux ».
Né en 1975, Bertrand Godard a été élève du peintre Vladimir Vélickovic à L’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Sa première grande série artistique commence en 1995. En 2001, il crée à Paris l’Atelier TramarT. Selon la présentation de l’atelier, « le matériel du sérigraphe côtoie les pinceaux du peintre. […] Alors que les alchimistes cherchent à transformer en or la « materia prima¨, ici point de formule magique ni d’espoir de richesses mais la récupération d’objets divers et leur intégration sur toile ou en volume suite à une observation et une réflexion aussi bien analytiques que synthétiques. Le nom même de l’atelier montre qu’il faut bien regarder les choses par les deux bouts de la lorgnette et que, s’il ne sied pas de parler de réincarnation pour les objets, il est néanmoins possible de les revisiter perpétuellement. »