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ARBRES DE 4 SAISONS

Iris Vargas

Fin 2012, Pierre Ollier, maire-adjoint aux affaires culturelles, et la Ville, lancent un projet culturel d’envergure : artistes et associations locales sont invités à produire pour le printemps suivant animations et installations dans l’espace public. Le but : inciter chacun à se promener, à rêver, à méditer. Le titre aurait pu être Les rêveries d’un promeneur solitaire. Finalement, ce fut le Projet R. Dans ce cadre, il y eut nombre d’installations éphémères.

Quelques artistes extérieurs à la commune furent aussi conviés à participer à l‘opération. Parmi ces artistes, une habitante de Champlan, Iris Vargas, sculptrice de réputation internationale. 

Née au Vénézuela en 1953, elle a suivi des études d’art plastique puis de sociologie dans son pays natal avant de rejoindre l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris en 1979 et de s’installer en France. Elle a participé à la restauration de sculptures au Louvre, aux Archives nationales et aux Invalides. Elle a développé une importante production personnelle, principalement de statues de femmes et de sculptures animalières. 

Sa spécialité est le travail du marbre qu’elle va sélectionner sur place, dans les carrières. « Le marbre est une roche pleine de mouvement naturel dans la forme et les mouvements, c’est avec ça que je joue » déclare-t-elle. Elle précise : « Je sculpte et dessine le marbre avec des outils du plus grossier, la tronçonneuse, au plus fin, le diamant. Je le polis par endroits à la ponceuse. La différence de rugosité renforce le rapport très tactile et sensuel à la pierre ». Elle a participé à des centaines d’expositions collectives autour de Champlan, un peu partout en France et à l’étranger, dont une à Xi’an en Chine en 2019.

À Massy, pour le Projet R, la Ville a acheté une œuvre qu’elle a installée le long de l’allée qui longe la zone humide de l’ancien étang du bois de Briis en bordure du petit bois du parc de la Tuilerie : quatre arbres de 2,50 m de haut. Pour cette composition, l’artiste a suivi une de ses inspirations récurrentes, les quatre saisons des arbres, œuvres qui ont fait l’objet de plusieurs expositions, dont celle-ci qui fut montrée quelque temps au Jardin du Luxembourg à Paris. 

Le tronc est formé par une poutre de chêne, chaque feuillage est simulé par un demi-cercle d’1 m de diamètre constitué par deux plaques de marbre collées d’environ 3,5 cm d’épaisseur. À l’entrée de l’allée, le printemps en marbre rose troué d’alvéoles arrondies. Puis l’automne avec des alvéoles plus allongées entaillées dans un marbre gris gravé de lignes sinueuses. L’été en marbre gris clair ajouré d’étoiles a été vandalisé et remplacé en mai 2022 par une nouvelle sculpture de même inspiration. Enfin l’arbre d’hiver est fait de marbre blanc strié de fentes obliques évoquant une tempête de neige.