MOTS PERDUS
Elvira Domenech, Rosa Puente, Catherine Lévêque, Jaimé Raddatz
Quatre artistes massicois, Elvira Domenech, peintre et plasticienne, Rosa Puente, sculptrice, Catherine Lévêque, sculptrice, et Jaimé Raddatz, peintre, coordonnés par Jean-Pierre Colin, architecte, ont créé des illustrations autour de mots et d’expressions du passé. L’idée de la recherche des mots perdus ou peu usités a été conçue en liaison avec les bibliothécaires de la médiathèque Jean Cocteau, dont Marie-Hélène Rotambourg était alors directrice, et le service culturel de la ville. Il s’agissait de trouver des mots anciens, oubliés de nos jours, donc perdus, en rapport avec les activités du quartier au centre-ville : commerces, école, marché, poste. Cette première recherche devait aboutir en septembre 2000 à un parcours dans les rues, balisé par des boules bleues lumineuses en hauteur devant les lieux concernés.
Quelques années plus tard, ces illustrations ont trouvé leur place définitive sur le parvis de la nouvelle place Robert Langlois. Les dessins, maquettes et matrices en terre ont été conçus et réalisés par les quatre artistes, qui ont suivi le travail de coulage et de patine des plaques. Douze plaques, illustrant chacune une expression et sa traduction moderne, ont été scellées sur le pavé de la place. La fonte en bronze a été effectuée par l’entreprise massicoise Girebronze, fermée en 2006, qui fournissait essentiellement le secteur de l’armement et secondairement des artistes. Une treizième plaque, qui aurait pu être un résumé explicatif, n’a été qu’envisagée.
L’inauguration a eu lieu le 11 décembre 2005. À cette occasion, avant le discours inaugural prononcé par le maire Vincent Delahaye, des comédiens de la troupe des Tréteaux Amateurs de Massy (TAM), avec des habitants « anonymes », artistes d’un jour, ont entamé une série d’improvisations invitant le public à découvrir le sens de ces mots et expressions du passé : spectacle toujours drôle, souvent rythmé, parfois dansé.
Voici les mots perdus, suivis de leur traduction, que l’on peut découvrir en montant la place : un onguent miton mitaine (remède qui ne fait ni bien ni mal), courtaud de boutanche (commis de magasin), avoir mardi fusée (aller trop lentement), délier brunette (ôter le bouchon de la bouteille), faire trembler le lard au charnier (être gros mangeur), être au nid de la pie (être très fortuné), dire ses gaudées (dire ses prières), jouer à cligne-musette (jouer à cache-cache), le lait à broder (l’encre), balancer une lazagne (adresser une lettre), la portière du petit guichet (la sage-femme), avoir le bouquet sur l’oreille (maison à vendre).