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MATERA

Eva Jospin

Artiste plasticienne née en 1975, ancienne élève de l’École des Beaux-Arts de Paris, Eva Jospin a été pensionnaire de la villa Médicis en 2016-17. Son matériau privilégié est le carton car il est « simple, facile et peu onéreux, se coupe, se plie et colle à toutes ses fantaisies. » Selon Emanuele Coccia, invité à présenter sa dernière exposition, ce matériau pauvre et monochrome fait « ressortir le détail et la puissance du dessin […] Ses sculptures semblent presque être l’équivalent sculptural des grisailles de Mantegna [peintre de la première Renaissance italienne] : alors que le but de Mantegna était de souligner l’émergence de l’ancien dans le contemporain, celui d’Eva Jospin est de souligner la fusion du naturel et de l’architectural. » Mais l’artiste utilise aussi d’autres matériaux et, dans ses dernières œuvres, se révèle une coloriste de talent.

De réputation nationale et même internationale, elle multiplie les installations et les expositions depuis 2013. Ainsi, elle a exposé au musée des impressionnismes de Giverny en intérieur et dans le jardin. Simultanément, elle était invitée pour la seconde fois au musée de la Chasse et de la Nature à Paris. En 2026, elle est invitée au Grand Palais pour Grottesco. Elle produit aussi des œuvres à la demande du groupe immobilier Emerige dans le cadre de la Charte 1 immeuble 1 œuvre. En 2017, elle a reçu le Prix 1 immeuble 1 œuvre pour la sculpture monumentale La Traversée dans la galerie Beaupassage (Paris 7e). L’année suivante, elle réalise une œuvre intitulée Voyage au centre de la Terre et Matera qui sera retenue en 2019 pour décorer la façade d’un bâtiment de la ZAC de Vilgénis.

Avec Matera, Eva Jospin rend hommage à cette ville d’Italie à l’architecture troglodyte. Réalisée en 2018, cette murale de carton, bois et papiers de couleur mesure 10 m de long sur 3,70 m de haut et 30 cm d’épaisseur. Présentée d’abord à la galerie Suzanne Tarasiève, l’œuvre a été exposée pour la saison d’hiver 2021-22 près de l’œuvre Galleria au musée de la Chasse et de la Nature, qui la commente en ces termes : « En abrasant la surface de multiples couches de carton disposées en quinconce, Eva Jospin sculpte une forme stratifiée qui rend hommage aux nombreuses carrières de la région […] L’artiste invoque également les éléments naturels qui incisent peu à peu la matière […]. À partir d’un lieu cher à son cœur, Eva Jospin crée ainsi une œuvre qui génère d’infinis réseaux d’images et de métaphores. » 

Ce tableau a été utilisé en creux, comme matrice, par mise en œuvre de techniques de moulage, pour animer le béton de la façade d’un bâtiment mixte habitation, crèche et commerces, situé entre la rue de Vilgénis et l’allée Fourquaud. Le béton est un autre matériau favori d’Eva Jospin. Ainsi l’œuvre fragile en carton est fossilisée et devient durable. Le rendu du moulage est très variable selon l’heure et la météorologie : quasi invisible par temps pluvieux, en relief et animé avec un soleil rasant.