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LIGNES DE VIE

Luc Richard

Jusqu’en 2018 les indigents étaient inhumés dans un carré dédié au cimetière sud de Massy. Les sépultures, temporaires, étaient seulement signalées par une petite croix de bois qui, au fil des ans, disparaissait. Il ne subsistait plus alors aucune trace de leur passage. Sur la proposition de Nadine Brioit, conseillère municipale déléguée, la municipalité a décidé la création d’un monument qui permettrait de les honorer en gravant leurs noms pour toujours. Dix-huit artistes ont répondu à l’appel à projet et c’est celui de Luc Richard qui a été choisi.

Il propose un refuge, un abri pour ceux qui en ont manqué. En pensant aux chapelles funéraires réservées aux classes aisées qui jalonnent les allées des cimetières lui vient l’idée d’une structure en forme de chapelle, une manière de briser la hiérarchie qui subsiste jusque dans l’architecture mortuaire. Cette chapelle n’aura aucun caractère ni symbole religieux. Ce sera un espace laïque ouvert vers le monde capable de recevoir n’importe qui sans discrimination. Ce sera un « espace entre deux mondes ouvert vers l’extérieur ». 

La chapelle réalisée est bichromatique : l’inox poli miroir reflète la végétation du cimetière et renforce le sentiment d’immatérialité ; le bleu souligne l’architecture de l’édifice. La structure composée de carrés permet l’accrochage de 496 plaques de 6 cm sur 6 cm également en inox poli miroir. Les noms des défunts y sont gravés au fur et à mesure. Luc Richard a baptisé cette structure Lignes de vie.

Né à Paris en 1975, Luc Richard vit et travaille à Bordeaux. Étudiant aux Beaux-Arts d’Arras, il obtient un diplôme des Métiers d’Art, section volume. Puis il se perfectionne auprès d’un maître d’œuvre à Arcueil pour le moulage et la statuaire. Ensuite, il travaille dans différents ateliers de décor en tant que responsable technique, concepteur ou chef de projet. Parallèlement au décor, il développe sa carrière d’artiste et se consacre à la réalisation d’installations monumentales en extérieur en collaborant parfois avec des paysagistes. Il préfère l’interactivité avec le public au travail solitaire. Son œuvre se caractérise par la répétition des motifs dans une sorte de systématisme influencé par la musique minimaliste et répétitive. Ses matériaux de prédilection sont le bois, la résine, l’acier et parfois des objets de récupération qu’il travaille in situ.

Il crée des œuvres dans toute la France à l’occasion de ses diverses résidences. Par exemple à Royan Souffle, en 2022, une stèle à la mémoire des victimes des bombardements de 1945, à Corme-Écluse en Nouvelle Aquitaine Grain inspiré par la pluie, au bois de Kergré en Bretagne une bibliothèque entre deux arbres, au Pays basque pour la Fête de la Corniche 350 manchots en plâtre. Il a également été lauréat du concours international des Jardins de Chaumont-sur-Loire et des Jardins d’Allaritz en Espagne.