La Danseuse
Toros Rasgélénian
La statue en bronze La Danseuse (lors d’un entretien, le sculpteur révèle que pour lui « La danse est une prière ») se trouve allée d’Arménie dans un hémicycle boisé bordant un bassin d’orage en contrebas, aménagé pour lutter contre des crues centenaires. Au bas de la statue, quelques lignes d’Alexandre Dumas, extrait de Le Caucase, publié en 1859 : « C’est en Arménie qu’était situé le paradis terrestre. C’est en Arménie que prenaient leur source les quatre fleuves primitifs qui arrosaient la terre. C’est sur la plus haute montagne de l’Arménie que s’est arrêtée l’arche. C’est en Arménie que s’est repeuplé le monde détruit. »
À l’origine de ce projet, Gérard Mavian, conseiller municipal, qui, dans la perspective de la commémoration du centenaire du génocide arménien (1915) demande à Vincent Delahaye, maire de Massy, de marquer cet évènement.
Après des recherches effectuées par le Directeur de Cabinet, le sculpteur Toros est choisi car il avait déjà réalisé des œuvres en France sur le même thème, en particulier à Marseille, le premier monument au monde commémorant ce génocide. L’inauguration de la statue a eu lieu en 2008.
Toros Rasguélénian, dit Toros Rast-Klan, dit Toros (nom d’un oncle qui mourut brûlé dans une église avec trois cents enfants lors du génocide) est né à Alep (Syrie) le 12 décembre 1934 dans une famille arménienne modeste originaire d’Ourfa. Il quitte l’école à 11 ans et exerce divers métiers avant de travailler le métal : soudeur à l’arc, serrurier, ferronnier.
À 25 ans, il a sa propre entreprise de ferronnerie et fabrique des lits et des poêles. Au cours d’un voyage en Arménie (alors en URSS) en 1962, il découvre la statue équestre de David de Sassoun, héros d’une épopée populaire arménienne, qui est pour lui une révélation. De retour à Alep, il se met à la sculpture du métal, réalise des fontaines et après plusieurs expositions, il obtient en 1966 le premier prix de sculpture pour L’Émancipation de la femme arabe. En 1967, il décide de se rendre en France pour suivre des études artistiques. Il rencontre des peintres et des sculpteurs qui le dissuadent d’entrer aux Beaux-Arts. Il s’installe à Valence, puis à Romans dans la Drôme, dans une région où s’est établie une importante communauté arménienne. Toros œuvre beaucoup dans le souvenir de ses racines. Mais il convient de rappeler également l’importance des femmes dans son œuvre (la rencontre de Marie, son épouse, aura été pour lui déterminante) : courbes rondes révélant la douceur des femmes, lignes souples renvoyant toujours au commencement, à la mère. Pour Toros, « Le corps des femmes appartient à l’humanité ». Il est aussi l’auteur du trophée Toros décerné chaque année à Marseille pour récompenser les meilleurs auteurs de la littérature franco-arménienne. Il meurt le 29 juillet 2020 à Romans-sur-Isère. Il repose à Romans.
« Je n’aime pas les mots, mon travail parle, mes œuvres sont mes enfants » disait-il.