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FRESQUES EN CÉRAMIQUE

Haguiko et Jean-Pierre Viot

En centre-ville, le parvis du commissariat de police de Massy est orné sur chacun des deux murs latéraux d’une œuvre de haute dimension par un couple d’artistes céramistes, Haguiko et Jean-Pierre Viot. Signées en 1987, ces céramiques furent sans doute financées par le « 1% artistique ». Des carreaux de faïence carrés, identiques, de teinte jaune ocré, couvrent les deux murs. Les éléments en grès émaillé de tailles et formes diverses, en relief, sont reliés par des espaces colorés de verts différents, unis ou striés, et de violet. L’une des céramiques évoque la forme d’un arbre au tronc tourmenté ; l’autre, moins imposante, est plus abstraite.

Né le 30 avril 1936, Jean-Pierre Viot, diplômé de l’école des Beaux-Arts de Rouen, s’initie à la réalisation d’œuvres en grès et terres enfumées lors d’un stage à l’atelier de la faïencerie de Giens. Il créée ainsi fontaines, sculptures, murs et autres pièces en porcelaine. De 1963 à 1983, il vit à Ruffec-le-Château puis à Sucy en Brie et enfin en 1991 à Guermantes (Seine et Marne) dans la « maison atelier » conçue et bâtie avec son épouse. 

Membre fondateur du Centre d’Art Contemporain de Châteauroux, il organise avec la ville la Biennale de Céramique Contemporaine de 1979 à 2003.

Il en est Commissaire général en 1985. Il intègre de nombreux regroupements d’artistes tels la Société des Artistes Décorateurs ou l’Internationale du Nouvel Objet Visuel. A Paris, il participe aux Journées Nationales de la Céramique, et au Groupe d’Etude et de Recherche en Urbanisme. Il collabore aussi avec l’industrie de la porcelaine.

Née en 1948 au Japon, diplômée ingénieure en architecture de l’université de Fukuoka, Haguiko, influencée par Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, rejoint la France et intègre en 1972 l’Ecole des Beaux-Arts de Tours où elle s’initie à la terre modelée. Elle se forme dans l’atelier de Jean-Pierre Viot à la céramique contemporaine. Elle apprend la technique du raku, procédé d’émaillage traditionnel japonais, auprès de l’américain Paul Sodner. Elle obtient en 1977 le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique. Elle effectue des réalisations monumentales, mais aussi des œuvres pour des particuliers, et des industries comme Téfal ou la porcelaine de Limoges. Elle reçoit le prix du ministère de la culture de Tunisie et le prix Liliane Bettencourt. En 2014, on lit dans les Editions Galeries Capazza : « L’à peu près n’a pas sa place dans le travail de Haguiko (…) On est confondu par l’évidence de son travail : nuages, rochers, boites (…) L’espace reste la composante principale de son travail. » 

Les deux artistes, tout en créant souvent ensemble, ont chacun gardé leurs propres créations et leur expression artistique. Membres de l’Académie Internationale de la Céramique, ils ont enseigné dans des écoles supérieures d’art (Marseille, Arras) et participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives, nationales et internationales.