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SCULPTURE ABSTRAITE

André Beaudin

Dans le hall d’un immeuble situé au 2 de l’allée des Helvètes, dans le quartier de Massy Opéra, on peut voir une statue placée, dans un espace dédié, sur une dalle et qui fait face à la rue. Cette statue est datée de 1965 et est signée André Beaudin. La dalle fut ultérieurement entourée d’un barreaudage pour des raisons de protection.

C’est une statue abstraite de pierre ocre, d’environ 130 x 120 x 90 cm, et de prime abord non figurative bien que d’aucuns y voient deux personnes enlacées, la partie supérieure de la statue pouvant laisser imaginer deux bras.

Né à Mennecy le 3 février 1895 et mort à Paris le 6 juin 1980, André Beaudin est un peintre et sculpteur français appartenant à l’école de Paris. De 1911 à 1915 il fréquente l’École des Arts décoratifs. Avec son épouse Suzanne Roger, elle-même peintre, il fréquente le cercle d’artistes entourant le marchand d’art D.-H. Kahnweiler. Il y rencontre des poètes et des écrivains (comme Max Jacob ou Antonin Artaud) mais aussi des peintres. D’abord attiré par Matisse, il s’inspire ensuite de Picasso et sa rencontre en 1922 avec André Masson et surtout Juan Gris va lui permettre de s’initier au cubisme, mouvement dans la lignée duquel il restera toute sa vie comme on peut le constater avec la statue de 1965.

En 1923, il réalise sa première exposition à la galerie Percier à Paris. Il participe, en 1934, à l’exposition Minotaure à Bruxelles (exposition surréaliste organisée par E.L.T. Mesens, artiste surréaliste belge, et André Breton).

Ce n’est qu’en 1930 qu’il s’initie à la sculpture. Il travaille le plâtre, la terre et également le bronze. Il s’essaye à la lithographie et illustre, en 1926, Les Bucoliques de Virgile. Il réalise, en 1945, la couverture du recueil de poèmes de Paul Eluard Double d’Ombre et illustre, en 1960, une édition de Sylvie de Gérard de Nerval. 

Ses œuvres sont exposées à diverses reprises tant en France qu’à l’étranger (New York en 1949, Berne en 1953). En 1962 une exposition de ses peintures lui est consacrée au musée du Havre et une grande rétrospective de ses œuvres est organisée au Grand Palais à Paris en 1970. 

En 1962 il reçoit le Grand Prix National des Arts, notamment pour ses sculptures. Il réalise quelques années plus tard une mosaïque pour la faculté des Sciences de Jussieu à côté d’œuvres de Jean Arp, Calder et Vasarely. Entre 1964 et 1966, il crée plusieurs sculptures et décors originaux en collaboration avec la Manufacture de Sèvres.

Comme on peut le voir, le champ d’expression d’André Beaudin est vaste puisqu’il s’est exprimé aussi bien à travers la peinture, que la lithographie, la sculpture, la céramique ou encore la tapisserie. On peut voir ses œuvres au M.N.A.M. de Paris, dans les musées de Grenoble, du Havre, de Luxembourg, de Stockholm et dans des collections particulières.

« La méconnaissance de l’œuvre de Beaudin constitue une des plus grandes injustices de notre époque ! » Pablo Picasso