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STATUE DE SAINT-FIACRE

Inconnu

La statuette qui se trouve dans le jardin de l’église Saint-Fiacre est à la fois l’œuvre d’art la plus ancienne et l’une des plus récentes de Massy.

De 77 cm de hauteur, placée sur un socle de 82 cm, elle représente un homme en robe et tonsure de moine. Il tient de la main droite une bêche et de la main gauche un livre : attributs traditionnels de Saint-Fiacre, ermite, jardinier, thaumaturge, d’origine irlandaise. Elle est sculptée assez rudement dans un granit breton, autrefois peint (il ne subsiste que des traces de rouge) et date sans doute du 16e siècle.

Fiacre est le fondateur au 7e siècle d’un monastère proche de Meaux devenu centre d’un pèlerinage réputé. Vénéré depuis le haut Moyen-Âge, patron des jardiniers, mais aussi guérisseur, Fiacre fut un des saints les plus populaires. Ce personnage pieux et secourable, proche des fidèles et qui, dans sa représentation, allie les symboles du travail et de l’oraison, a peut-être été vénéré autrefois à Villaine comme dans de nombreux villages. 

Mais c’est seulement en 2019 que cette sculpture bretonne a été installée à Massy. Nous ne connaissons que la fin de son périple et c’est, naturellement, une histoire de jardiniers. Elle a été acquise en 1964 dans une vente aux enchères par M. Riglet, maraîcher à Mantes-la-Jolie. Son fils, ancien ingénieur de l’E.N.S. d’Horticulture de Versailles, a décidé de confier l’œuvre à une église. Or l’église Saint-Fiacre de Massy est, en France, la plus récente dédiée à ce saint. Une cérémonie de donation a eu lieu à l’occasion de la messe dominicale du 8 septembre 2019.

Pour comprendre la donation, il faut revenir à l’histoire de l’église. Au début du 19e siècle, le hameau de Villaine est peuplé principalement de maraîchers et de vignerons. Il est voisin de la ferme et des champs horticoles Vilmorin dont l’activité attire de nouveaux habitants à Villaine et aux Graviers. Les villageois construisent une petite chapelle appelée des Vergers sur un terrain offert par Jacques de Vilmorin. Après-guerre, avec l’accroissement de la population des Graviers, le bâtiment, bien qu’agrandi plusieurs fois, est beaucoup trop petit. Dès 1960, les paroissiens envisagent la construction d’une église. L’abbé Haag, pour faire plaisir aux horticulteurs et maraîchers du quartier, propose de la consacrer à Saint-Fiacre. Un habitant, M. Hartman, maître jardinier au jardin du Luxembourg, suggère la création d’un lieu de pèlerinage national à Saint Fiacre. Un plan est établi, des comités de soutien sont créés et des fonds recueillis. Mais le projet, trop coûteux alors que la déchristianisation s’amplifie, est finalement abandonné. Il en restera que la nouvelle église achevée en 1973 sera consacrée à Saint-Fiacre alors que la paroisse reste dédiée au Saint-Esprit.

Cette statue se trouve, logiquement, dans un jardin, hors de l’enceinte religieuse, dans un lieu utilisé par des fêtes diverses, dont les fêtes de quartier. Elle constitue pour tous un rappel de l’histoire du Vieux Villaine.

Si l’élément d’Alicia Moï était la pierre qu’elle travaillait en taille directe, à la massette ou au marteau-piqueur, elle a aussi créé du mobilier ou des pièces relevant des arts de la table aux formes très variées, et, à côté des sculptures monumentales, des bagues non montées entièrement en pierre.

En 2021, on a pu admirer quelques-unes de ses œuvres au musée Tinguely de Bâle dans le cadre d’une exposition consacrée à la cité d’artistes de l’impasse Ronsin.