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Pierre Brun

Une tour en acier d’une dizaine de mètres de haut semble garder, depuis 1970, l’entrée du collège Gérard Philipe du côté de la rue de Migneaux. Une haute colonne rectangulaire, massive, en partie masquée l’été par les branchages, supporte des branches en forme de U avec de beaux arrondis et des incurvés qui se croisent. Cette structure monumentale est l’œuvre du sculpteur Pierre Brun.

Cette œuvre pourrait sembler atypique dans son œuvre puisque son matériau de prédilection était le marbre : « Le marbre est translucide, il contient de la lumière. Au fur et à mesure qu’on le polit, il resplendit. » Mais il a travaillé tous les matériaux, soudant le cuivre ou l’acier, coulant le bronze ou taillant le marbre, le grès, le bois. Il a enseigné ces pratiques diverses, notamment à l’École des Arts Appliqués de Paris

Né en 1915 à Saint-Étienne dans une famille de 8 enfants, il effectue des études supérieures en lettres classiques ; il dessine et peint. C’est pendant ses cinq années de captivité qu’il découvre la sculpture : avec d’autres officiers prisonniers, il a créé un atelier ; il y travaille la glaise du camp. De retour en France, il étudie aux Beaux-Arts de Paris ; il se perfectionne dans la taille du marbre, le modelage et les fresques. Créer restera pour lui toucher du doigt la liberté. Cette tour d’acier qui semble défier le temps est-elle une ode à cette liberté ?

En 1970, Pierre Brun est déjà un sculpteur reconnu. En 1949, il a reçu le Prix National des Arts. Il a exposé dans divers salons et enseigne la sculpture dans différentes écoles de Beaux-Arts ; il est membre du jury de l’École des Beaux-Arts, en 1960, aux côtés de Giacometti. En 1987, il produit un buste de Charles de Gaulle à la demande d’Alain Peyrefitte. L’année suivante, il reçoit la médaille d’or du Salon des Artistes français. Plusieurs autres prix prestigieux suivront.

Pierre Brun a trouvé une de ses sources principales et inépuisables de création dans la beauté féminine :

« Pour moi, sculpter des femmes n’est pas complètement en dehors de l’Éros, mais c’est plus de la contemplation que de la sensualité ; pour moi, le corps d’une femme est un de plus beaux joyaux de la création. » a-t-il confié au journal Le Pays Briard en 2008.

Il proclame aussi sa fierté de son travail d’enseignant : « J’espère avoir enseigné la sincérité : faire des choses vraies, profondes, pas suivre une mode par vanité. »

Lorsque Pierre Brun décède à Boissy-le-Châtel en juin 2011, à 95 ans, il est probablement le doyen des sculpteurs français.

Il a créé plus d’un millier d’œuvres que l’on trouve en France dans les parcs ou sur les places de maintes villes, dans des universités, lycées ou collèges et dans de nombreuses églises.